Musique en ligne

BERTHE SYLVA

Interprète

Pays : France

Naissance : 7 février 1885 - Brest(?), FRA

Décés : 26 mai 1941 - Marseille, FRA


Elle aurait passé son enfance à Brest avant de se faire employer comme femme de chambre. Elle se serait mise à la chanson vers 1910, après avoir abandonné un premier enfant. De ses débuts, on ne possède pas beaucoup de témoignages, excepté une interview durant laquelle elle parle de voyages en Amérique du Sud, en Russie, en Roumanie et en Égypte, ainsi qu'une photo prise pendant la Première Guerre mondiale, sur laquelle on la voit aux côtés d'Eugénie Buffet et du chansonnier aveugle René de Buxeuil (enterré au cimetière du Père-Lachaise).

En 1928, Berthe Sylva est employée au caveau de la République. L'accordéoniste et compositeur Léon Raiter la remarque et lui propose de passer à l'antenne de Radio Tour Eiffel. C'est grâce à Léon Raiter, l'auteur des Roses Blanches, qu'elle se met à enregistrer, tout d'abord chez Idéal, puis chez Odéon, firme pour laquelle elle aura gravé en tout près de 250 titres, contre de bien maigres royalties...

Le succès est foudroyant. Le Raccommodeur de Faïence, enregistré en 1929, se serait vendu à 200 000 exemplaires en deux ans. Les tournées en province se multiplient. À Paris, on l'entend à Pacra, à l'Européen, au Bataclan, à la gaieté Montparnasse, mais les salles les plus prestigieuses la boudent. Elle partage un moment l'affiche avec Fred Gouin, chanteur très prolixe en enregistrements (450 faces de 78 tours pour Odéon entre 1927 et 1935, aujourd'hui tombé dans l'oubli, avec qui elle grave des duos tels Ferme tes jolis yeux (1932) et Un soir à La Havane (1933). Leur relation est passionnelle. Fred Gouin fut très affecté par la perte de son amante et amie. Il prit le maquis durant les années de guerre, puis quitta le monde de la chanson pour se reconvertir dans le commerce des frite ...

Elle aurait passé son enfance à Brest avant de se faire employer comme femme de chambre. Elle se serait mise à la chanson vers 1910, après avoir abandonné un premier enfant. De ses débuts, on ne possède pas beaucoup de témoignages, excepté une interview durant laquelle elle parle de voyages en Amérique du Sud, en Russie, en Roumanie et en Égypte, ainsi qu'une photo prise pendant la Première Guerre mondiale, sur laquelle on la voit aux côtés d'Eugénie Buffet et du chansonnier aveugle René de Buxeuil (enterré au cimetière du Père-Lachaise).

En 1928, Berthe Sylva est employée au caveau de la République. L'accordéoniste et compositeur Léon Raiter la remarque et lui propose de passer à l'antenne de Radio Tour Eiffel. C'est grâce à Léon Raiter, l'auteur des Roses Blanches, qu'elle se met à enregistrer, tout d'abord chez Idéal, puis chez Odéon, firme pour laquelle elle aura gravé en tout près de 250 titres, contre de bien maigres royalties...

Le succès est foudroyant. Le Raccommodeur de Faïence, enregistré en 1929, se serait vendu à 200 000 exemplaires en deux ans. Les tournées en province se multiplient. À Paris, on l'entend à Pacra, à l'Européen, au Bataclan, à la gaieté Montparnasse, mais les salles les plus prestigieuses la boudent. Elle partage un moment l'affiche avec Fred Gouin, chanteur très prolixe en enregistrements (450 faces de 78 tours pour Odéon entre 1927 et 1935, aujourd'hui tombé dans l'oubli, avec qui elle grave des duos tels Ferme tes jolis yeux (1932) et Un soir à La Havane (1933). Leur relation est passionnelle. Fred Gouin fut très affecté par la perte de son amante et amie. Il prit le maquis durant les années de guerre, puis quitta le monde de la chanson pour se reconvertir dans le commerce des frites.

Quelques anecdotes d'une authenticité plus ou moins douteuse jalonnent le parcours flamboyant de Berthe Sylva. En 1935, ses admirateurs marseillais lacérèrent les banquettes de l'Alcazar, où elle jouera à guichets fermés au début de la guerre, et enfoncent la porte de sa loge. En 1936, à l'enquête "quelle est votre chanteuses préférée ?", une majorité de jeunes filles entre 13 et 15 ans répondent "Berthe Sylva". Une autre source mentionne un passage sur Radio-Toulouse en 1925 qui lui aurait valu 16 000 lettres d'admirateurs.

Berthe Sylva se fixe à Marseille au moment de l'Armistice de 1940. Le chanteur Darcelys y fut l'un de ses amis les plus fidèles. Elle meurt minée par la boisson et la pauvreté. Sa maison de disques finance les obsèques auxquelles seuls quelques amis assistent. Sa dépouille fut transférée à la fosse commune, lorsque, plusieurs années après, il ne se trouva personne pour renouveler la concession.

Les légendes entourant Berthe Sylva auraient été créées de toutes pièces ou bien à partir d'extrapolations de faits réels par des journalistes après sa disparition. La propagation de ces légendes fut facilitée par le fait qu'on ne possède quasiment aucun témoignage solide de nature biographique, et par l'absence de documents cinématographiques. En outre, si l'on relativise l'importance (exagérée) de ses prestations sur scène, l'immense succès de Berthe Sylva est avant tout lié à ses nombreux enregistrements.

Sa voix précise qui se marie très bien avec la technologie en plein essor du microphone et de l'enregistrement, son registre vocal étendu, son expression tantôt pathétique, tantôt enjouée, son physique ingrat de femme meurtrie par la vie furent les clefs du succès qu'elle connut de son vivant. Sa discographie puise à toutes les sources, sauf américaines : succès anciens des années 1900, succès d'opérette comme de cabaret, ou répertoire plus récent, chanson réaliste, musette, musiques de films à grand succès. Berthe Sylva excelle dans la chanson narrative.

Après sa disparition, on retiendra d'elle, non pas les chansons qui racontent les bluettes et les joies du bal, mais celles qui dénoncent la misère, l'injustice, l'enfance blessée, la perte d'un être cher, la désillusion et l'échec sentimental.

Berthe SYLVA

Produits disponibles : 4