Musique en ligne

BENOîT MOREL

Auteur

Pays : France

Lien : www.benoitmorel.com


Benoit Morel - Le chanter seul

Quand on est fragile, frêle et que l'horreur du monde nous effraie, on fait des groupes. On se blottit contre les siens, on s'habille d'eux. On se blottit contre tout ce qui nous ressemble, d'autres aussi fragiles. On se tasse pour ne pas être vu. On s'assemble pour être plus fort. On devient alors une image, on n'est jamais tout à fait soi. On se courbe aussi mais il se peut qu'un jour on lève la tête pour voir le triangle des hirondelles et trouver son point cardinal.

C'est ce qu'a fait Benoît Morel, en s'appelant Benoît Morel pour chanter son premier disque solo et son cortège de :

- Comment gérer la légitimité d'offrir son vrai nom en public, et son visage, et sa voix, et ses mots ? La question se pose à toute intelligence qui l'entend : comment être humble dans une telle affirmation de soi ? Porter son nom c'est relever du gant quand bien même fut-il une fine chaussette pour les jours de grand froid. Il connaît le refrain the Morel...

Comment être à la fois noir et blanc et jaune et rouge en un visage humain ? Cet humanisme doit le terrifier souvent. Il porte pourtant cette envie de métissages dans un album assidûment printanier, un album du sud, un album amoureux, on se dit à l'écoute qu'il est aimé. Toutes les chansons de cet album s'égrènent en degrés sel sus comme des radiateurs judicieusement accrochés ça et là des murs pour tenir la saison.

Sa confection toulousaine, avec John Bonga le compositeur - arrangeur et ami, n'y est peut-être pas pour rien. L'acoustique de cordes andalouses jaillit de partout comme du sang chaud et jalouse quelques autres cousines sèches venues de Louisiane. C'est chaud un peu partout... sur tous les titres une sensation tranquille de chaleur, les cuivres abondent, comm ...

Benoit Morel - Le chanter seul

Quand on est fragile, frêle et que l'horreur du monde nous effraie, on fait des groupes. On se blottit contre les siens, on s'habille d'eux. On se blottit contre tout ce qui nous ressemble, d'autres aussi fragiles. On se tasse pour ne pas être vu. On s'assemble pour être plus fort. On devient alors une image, on n'est jamais tout à fait soi. On se courbe aussi mais il se peut qu'un jour on lève la tête pour voir le triangle des hirondelles et trouver son point cardinal.

C'est ce qu'a fait Benoît Morel, en s'appelant Benoît Morel pour chanter son premier disque solo et son cortège de :

- Comment gérer la légitimité d'offrir son vrai nom en public, et son visage, et sa voix, et ses mots ? La question se pose à toute intelligence qui l'entend : comment être humble dans une telle affirmation de soi ? Porter son nom c'est relever du gant quand bien même fut-il une fine chaussette pour les jours de grand froid. Il connaît le refrain the Morel...

Comment être à la fois noir et blanc et jaune et rouge en un visage humain ? Cet humanisme doit le terrifier souvent. Il porte pourtant cette envie de métissages dans un album assidûment printanier, un album du sud, un album amoureux, on se dit à l'écoute qu'il est aimé. Toutes les chansons de cet album s'égrènent en degrés sel sus comme des radiateurs judicieusement accrochés ça et là des murs pour tenir la saison.

Sa confection toulousaine, avec John Bonga le compositeur - arrangeur et ami, n'y est peut-être pas pour rien. L'acoustique de cordes andalouses jaillit de partout comme du sang chaud et jalouse quelques autres cousines sèches venues de Louisiane. C'est chaud un peu partout... sur tous les titres une sensation tranquille de chaleur, les cuivres abondent, comme la peur d'attraper froid. Comme un Bobby Lapointe des mers.

Il lexique de l'eau, joue des mots, tchatche, tonne et susurre un océan qui lui remplit le coeur. Il est sur la galette comme un chanteur heureux, lucide tant le pire reste quand même ailleurs.

Que de mots de la mer, ce havre où les humains ne marcheront jamais. C'est du Benoît et le Morel en fait des textes, et même il va chercher des odeurs de maté rue des Martyrs ou des soleils d'août en Bretagne. Toujours le grand écart.

Le Morel a ce manque qui le fait chanter espagnol... Il a chanté longtemps, il a écrit beaucoup sous couvert de la troupe " La tordue ". Il a peint, dessiné, croqué sous d'autres couvertures...encore. Toute sa vie couverte d'un tas d'amis, d'avis, de gens, de groupes, de bandes. Il a brassé du collectif jusqu'à l'usure des bras. Du temps de la Tordue il s'immisçait dans la peine doublement payée par ses frères au teint basané. Il s'inocule des malheurs voisins.

Enfin le voilà seul... son chant est apaisé, pas l'ombre d'une amertume... On entend dans son texte du Nougaro regrettant de ne pas être noir dans des vapeurs janv. On entend quelque chose d'un regret que l'amour des siens console et toute sa famille rôde à pas le laisser choir. . . veinard ! On les entend... femme, enfants. . . Ce Morel a belle figure mais son coeur est bossu comme un zébu malgache. Étrange contradiction de cet animal difforme sans qui

Madagascar ne serait qu'un désert. Et dans ces mots; pareil, le Morel veut être utile, tranquillement utile, Mortel. Il dénonce sans colère mais en y mettant les formes, le tond monétaire etc... du sens et du son ...en vlà. Il s'accroche à tout ça en tricotant des mots fidèles à ce qu'il est. Plus une voix qu'un chant, plus papa que père et plus aimé qu'ami. Mais aussi plus révolté que rebelle, plus tendre peut-être que doux, ça nous le rend subtil à défaut d'être en lettres rouges à [Olympia ...

on attend quand même.

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Benoît MOREL

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