Musique en ligne

ALAIN BASHUNG

Auteur, Compositeur, Interprète

Pays : France

Naissance : 1/12/1947 - Paris, FR


Si être artiste, avec un A majuscule, consiste à être différent, inclassable, insaisissable, et pour tout dire original, à être là où l’on ne vous attend pas avec des oeuvres qu’on espérait pourtant, à se jouer des modes et des mots et se remettre régulièrement en cause, alors Alain Bashung est un grand, dans la tradition des Gainsbourg, Dylan, Ferré, Bowie.

Un enfant du rock le plus pur, de Buddy Holly et Gene Vincent, et en même temps de la Rive Gauche, un chanteur en solitaire qui sait ce qu’il a à faire et que rien n’oblige à se taire, pour paraphraser son ami Gérard Manset, autre membre de ce club très privé des chevaliers de la marge, avec Christophe et Rodolphe Burger.

15 ans pour se faire un nom, qui se passe de prénom. Comme Aznavour ou Barbara, il a attendu son heure, a dû passer le cap des 30 ans pour s’imposer, se poser, se… composer, après qu’Higelin et Lavilliers aient ouvert au rock les voies - voix ?- de la poésie. Lui y a apporté la dérision, le second degré, une manière pudique de faire sonner les mots ou cracher les Fender à la Mink de Ville qui a inspiré une langue en soi, faite de nonsenses, private jokes et autres calembours, quelque part entre Jacques Lacan et Joseph Vermot (celui de l’almanach) !

Ses classes, il les a faites en écoutant la radio allemande, dans cette campagne strasbourgeoise où il est élevé par ses grands-parents, avant d’accompagner en 1959 sa mère ouvrière à Boulogne-Billancourt. Brassens, Brel, Presley deviendront vite sa seconde famille. Il crée son groupe, enregistre en 1966 à 19 ans le premier d’une dizaine de 45 tours, sous différents noms. Ecrit pour Noël Deschamps ("Ho la hey") puis Dick Rivers, dont il épaule v ...

Si être artiste, avec un A majuscule, consiste à être différent, inclassable, insaisissable, et pour tout dire original, à être là où l’on ne vous attend pas avec des oeuvres qu’on espérait pourtant, à se jouer des modes et des mots et se remettre régulièrement en cause, alors Alain Bashung est un grand, dans la tradition des Gainsbourg, Dylan, Ferré, Bowie.

Un enfant du rock le plus pur, de Buddy Holly et Gene Vincent, et en même temps de la Rive Gauche, un chanteur en solitaire qui sait ce qu’il a à faire et que rien n’oblige à se taire, pour paraphraser son ami Gérard Manset, autre membre de ce club très privé des chevaliers de la marge, avec Christophe et Rodolphe Burger.

15 ans pour se faire un nom, qui se passe de prénom. Comme Aznavour ou Barbara, il a attendu son heure, a dû passer le cap des 30 ans pour s’imposer, se poser, se… composer, après qu’Higelin et Lavilliers aient ouvert au rock les voies - voix ?- de la poésie. Lui y a apporté la dérision, le second degré, une manière pudique de faire sonner les mots ou cracher les Fender à la Mink de Ville qui a inspiré une langue en soi, faite de nonsenses, private jokes et autres calembours, quelque part entre Jacques Lacan et Joseph Vermot (celui de l’almanach) !

Ses classes, il les a faites en écoutant la radio allemande, dans cette campagne strasbourgeoise où il est élevé par ses grands-parents, avant d’accompagner en 1959 sa mère ouvrière à Boulogne-Billancourt. Brassens, Brel, Presley deviendront vite sa seconde famille. Il crée son groupe, enregistre en 1966 à 19 ans le premier d’une dizaine de 45 tours, sous différents noms. Ecrit pour Noël Deschamps ("Ho la hey") puis Dick Rivers, dont il épaule vigoureusement le retour sur le devant de la scène ("Marylou"). C’est l’époque où il interprète Robespierre dans "La Révolution Française", comédie musicale de Schönberg, Boublil et Rivière, se cherche à travers les autres, le secret du métier demeurant la rencontre, donc l’équipe.

Nos années B.B. : B.Bergman/A.Bashung Celles-ci auront pour lui deux visages : l’ingénieur du son Andy Scott, collaborateur de Daniel Balavoine (et remplacé plus tard par Jean Lamoot) et surtout le parolier Boris Bergman, lui aussi ravi d’échapper à une variété française par trop formatée. Le cocktail des trois se révélera explosif : ballon d’essai avec l’album "Roman-photos" en 1977, qui déconcerte quelque peu, essai transformé avec "Roulette Russe" en 1979, contenant "Bijou bijou", "Elle s'fait rougir toute seule", "Toujours sur la ligne blanche" et auquel s’ajoute bientôt "Gaby oh Gaby" (1980, un million de 45 tours vendus, n°1 du Top 30). Et en 1981 l’album "Pizza" avec "Vertige de l’amour", "ça cache quelque chose", "Aficionado" (disque d’or, Prix Charles Trenet, Prix Sacem, Bus d’acier). Cette fois, c’est parti : l’homme a trouvé son style, savant mélange de rock électrique et de textes codés, piégés, déjantés, speedés, tout comme les 2500 spectateurs de son mémorable Olympia, ce 3 juin 1981. Un must !

Faire un album avec Gainsbourg tient alors du parcours obligé (cf. Alain Chamfort) : le sien s’appellera "Play blessures" et s’avèrera l’un des disques les plus audacieux du rock français (cf. "C'est comment qu'on freine"). Le suivant, "Figure imposée" (1983) se révèle encore plus difficile d’accès, avec un titre mémorable, "What’s in a bird". Mais le créateur de "Gaby" sait rappeler à propos qu’il n’a pas perdu la main, et (re)met dans le mille deux ans plus tard avec "SOS Amor", "L'arrivée du tour" et "Tu touches pas à mon pote", au profit de SOS Racisme. Un 30 cm -"Passé le Rio Grande"- qui lui vaudra la Victoire du Meilleur album de l’année et une sacrée tournée débutant au Grand Rex, le 4 février.

Les années Fauque : dans le sens du son C’est désormais un signe distinctif : Bashung adore se remettre en question, pousser mots et notes dans leurs retranchements, jouer avec le feu, et s’il faut pour cela changer de plume, il y va. En 1988, Jean Fauque prend le relais de Boris Bergman aux commandes de "Novice", signant quatre textes (cf. "Bombez"), et le tandem accouche bientôt du troisième grand succès du chanteur : "Osez Joséphine" (1991). Sur le même album, deux autres titres de poids : "Volutes" et "Madame rêve" (paroles de Pierre Grillet): 350.000 exemplaires et trois Victoires de la Musique, dont celle de l’Artiste et Chanson de l’année. Suivront "Chatterton" en 1994, contenant "Ma petite entreprise" (qui inspirera plus tard le film de Pierre Jolivet) et "J' passe pour une caravane", suivi

d’une tournée de deux ans (Olympia, Bataclan, Zénith, Printemps de Bourges, Eurockéennes, etc.).

Quand chaque album devient un "best of"… En 1998, il publie enfin "Fantaisie Militaire", enregistrement majeur (consacré en 2005 "Meilleur album des 20 dernières années" par une Victoire spéciale !), écrit avec Jean Fauque, Rodolphe Burger, Olivier Cadiot et les Valentins - dont le titre "La nuit je mens" demeurera l’un des sommets de sa carrière - lui vaudra à nouveau trois Victoires de la Musique en 1999 : meilleur album, meilleur clip pour Jacques Audiard, meilleur interprète. Plus une autre Victoire l’année suivante pour la bande originale de "Ma petite entreprise", sur fond de Bataclan triomphal. Suivra en 2003 son nouvel opus, "L’imprudence" ("Faites monter"), avec les fidèles Jean Fauque aux textes et Jean Lamoot à la réalisation, et la "Tournée des Grands Espaces" qui suit, et en 2008 l’éblouissant "Bleu pétrole", réalisé cette fois par Gaétan Roussel de Louise Attaque ("Résidents de la république", "Je t'ai manqué") et Mark Plati, avec la collaboration de Gérard Manset ("Comme un lego"), Joseph D’Anvers et Arman Méliès (Tant de nuits).

Une fois de plus, Alain brouille les pistes, alterne reprises (Cohen, Manset) et concerts inattendus, de la Cité de la Musique à la Salle Pleyel, où il est le premier artiste "pop" à se produire. Il faudrait parler encore ici de l’acteur ("J’ai toujours rêvé d’être un gangster"), du producteur, de l’interprète "pur" (Ah, sa version des "Mots bleus" !), du look, de l’humour, du libre-penseur et du franc-parleur, et tout simplement de l’homme, qui est loin d’avoir joué son dernier mot, et n’a jamais si bien incarné la "rock’n roll attitude", contre modes et marées du destin. Le plus beau visage du rock français.

Alain BASHUNG

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