Musique en ligne

CHARLES TRENET

Auteur, Compositeur, Interprète

Pays : France

Naissance : 18 mai 1913, narbonne, france

Décés : 19 février 2001, paris, france


Le fou chantant

D'une enfance marquée par le divorce de ses parents, la séparation d'avec sa mère et la pension, on retiendra surtout les rencontres du peintre Fons-Godail, qui lui donnera le goût du dessin et des pinceaux, et du poète Albert Bausil qui sera son premier mentor en écriture.

A quinze ans, renvoyé du lycée pour indiscipline, il rejoint sa mère qui vit à Berlin, où il poursuit des études artistiques et découvre le jazz et la musique de Kurt Weill.

Dès 1930, il se fixe à Paris et se voue à la peinture et à la décoration de cinéma, tout en écrivant une ébauche de roman et ses premières chansons. Vivant à Montparnasse, il se lie d'amitié avec Antonin Artaud, Jean Cocteau et Max Jacob, et fait la connaissance d'un jeune chanteur-compositeur suisse, Johnny Hess, avec lequel il décide de monter un duo. Charles et Johnny débutent ainsi en 1933, et connaissent un succès rapide grâce à des titres comme " Sur le Yang-Tsé-Kian " ou " Vous qui passez sans me voir ", créée par Jean Sablon. Mais les deux jeunes gens doivent se séparer en 1936, quand Charles Trenet est appelé sous les drapeaux.

A sa démobilisation, celui que l'on surnomme déjà " Le fou chantant " se lance en solo et ne tarde pas à sortir son premier disque contenant " Je chante " et " Fleur bleue ". Le public retiendra surtout la première, symbolisant à merveille le style Trenet, fait de rythmes syncopés et de textes d'une jeunesse et d'une joie de vivre bien en phase avec la période du Front Populaire.

Grand Prix du disque, en 1939, pour " Boum ", il triomphe à l'ABC, tandis que Chevalier, au faîte de sa gloire, fait un tabac avec " Y'a d'la joie ". Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que la presse annonce sa mort, Trenet s'occupe d'organis ...

Le fou chantant

D'une enfance marquée par le divorce de ses parents, la séparation d'avec sa mère et la pension, on retiendra surtout les rencontres du peintre Fons-Godail, qui lui donnera le goût du dessin et des pinceaux, et du poète Albert Bausil qui sera son premier mentor en écriture.

A quinze ans, renvoyé du lycée pour indiscipline, il rejoint sa mère qui vit à Berlin, où il poursuit des études artistiques et découvre le jazz et la musique de Kurt Weill.

Dès 1930, il se fixe à Paris et se voue à la peinture et à la décoration de cinéma, tout en écrivant une ébauche de roman et ses premières chansons. Vivant à Montparnasse, il se lie d'amitié avec Antonin Artaud, Jean Cocteau et Max Jacob, et fait la connaissance d'un jeune chanteur-compositeur suisse, Johnny Hess, avec lequel il décide de monter un duo. Charles et Johnny débutent ainsi en 1933, et connaissent un succès rapide grâce à des titres comme " Sur le Yang-Tsé-Kian " ou " Vous qui passez sans me voir ", créée par Jean Sablon. Mais les deux jeunes gens doivent se séparer en 1936, quand Charles Trenet est appelé sous les drapeaux.

A sa démobilisation, celui que l'on surnomme déjà " Le fou chantant " se lance en solo et ne tarde pas à sortir son premier disque contenant " Je chante " et " Fleur bleue ". Le public retiendra surtout la première, symbolisant à merveille le style Trenet, fait de rythmes syncopés et de textes d'une jeunesse et d'une joie de vivre bien en phase avec la période du Front Populaire.

Grand Prix du disque, en 1939, pour " Boum ", il triomphe à l'ABC, tandis que Chevalier, au faîte de sa gloire, fait un tabac avec " Y'a d'la joie ". Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que la presse annonce sa mort, Trenet s'occupe d'organiser le Théâtre aux Armées, avant de reprendre le cours de sa carrière, au lendemain de la débâcle.

Il tourne alors pour le cinéma (Romance de Paris - 1941), écrit de nouvelles chansons (" Que reste-t-il de nos amours ? ", " Débit de l'eau, débit de lait ", " La Mer ", " Douce France "), et continue de se produire sur scène, en dépit d'une violente campagne antisémite orchestrée contre lui par la presse collaboratrice. Le fait d'avoir chanté pour l'Occupant lui vaudra néanmoins dix mois d'interdiction professionnelle, au lendemain de la Libération. Sanction injuste au terme de laquelle son retour sur scène sera follement acclamé par le public de l'A.B.C. Dans l'intervalle, il s'est lancé à la conquête des Etats-Unis, de l'Amérique du Sud et du Canada, où il songe même s'installer un temps.

En 1951, il renoue avec le public français en chantant pendant deux mois au théâtre de l'Etoile, puis retourne en Amérique latine avant de faire son premier Olympia, en 1954, pour fêter ses vingt ans de métier et son dix millionième disque vendu, avec de nouvelles chansons telles que " Moi, j'aime le music-hall ", " A la porte du garage ", " Nationale 7 ", etc. Le début des années 60, avec l'arrivée de la vague yéyé, marque une éclipse dans sa carrière ; mais, si le public français le délaisse, il n'en continue pas moins de se produire à l'étranger. Après s'être trouvé mêlé à des procès peu glorieux, il décide de faire front et de reconquérir cette " Douce France " qui le boude.

Un retour qui sera marqué, en 1971, par l'album " Fidèle " et un nouveau passage à l'Olympia. Ce même Olympia où il annonce ses adieux à la scène, en 1975. Cette retraite sera de courte durée car, en avril 1977, " Le fou chantant " est plébiscité par le jeune public, à l'occasion d'une mémorable soirée spéciale au Printemps de Bourges. Désormais, Trenet ne cessera plus de chanter (inauguration du Zénith, en 1984 ; Théâtre des Champs-Elysées, en 1987 ; Châtelet, en 1988 ; Palais des Congrès, en 1989, opéra Bastille, en 1993, salle Pleyel, en 1999), ni d'enregistrer.

Son dernier album, " Les poètes descendent dans la rue ", datant de mai 1999.

Aujourd'hui, Charles Trenet est l'un des plus grands monuments de la chanson française et, bien que le personnage soit souvent controversé, on s'accorde à dire qu'il y a un " avant " et un " après-Trenet". Brassens, Brel, Ferré, Aznavour, Higelin, pour ne citer qu'eux, ont toujours su tout ce qu'ils lui devaient et l'ont toujours dit.

Charles TRENET par lui-même :

"Je suis né à Narbonne le 18 mai 1913 à 14 heures. Le voisinage de la gare est peut-être pour quelque chose dans cet horaire. Les trains passaient devant la porte. Grand'mère disait : " Toulouse, midi ". En effet, le rapide Matabiau entrait à cette heure sous la marquise. Je suis allé à l'école derrière le canal de la Robine, quai d'Alsace chez Madame Meinrat. J'y ai appris à lire tout seul dans un coin. J'avais trois ans. Puis ce fut l'école Beauséjour où Mademoiselle Flotte m'accueillit en 12ème. Encore une école l'année suivante, la Trinité, à Béziers, grand collège de pères dont je ne me sentais pas le fils. Amen. C'est pourtant là que je découvris la littérature et le théâtre en échangeant une tablette de chocolat contre un exemplaire du Cid. Je badais à Corneille. Je voulais être acteur. Le jeudi, j'allais voir Charlot, qui ne s'appelait pas encore Chaplin, et dont l'enchantement me sortit de mon Cid. Je jurais alors de faire du cinéma. Mon père vint se fixer à Perpignan. Il était notaire et vite divorcé. J'eus alors deux familles que je chéris toujours avec le même coeur. Encore un collège, celui de Perpignan, ville d'art, de poètes, de farceurs enthousiastes, d'adorateurs du soleil, de descendants des rois d'Aragon, tous cousins d'Azage et de Rigaud à gogo. Je compris vite à Perpignan, au contact d'Albert Bausil, figure inoubliable et illuminante, que j'étais fait pour la vie imaginative et fleurs avec, par-ci par-là des inspirations musicales. Bausil me dit : " ce n'est qu'en quittant Perpignan que tu le comprendras. Monte à Paris ! ". J'avais dix sept ans, un cahier plein de poèmes. C'était mon coeur. A Paris, j'aimais tout de suite la vie que j'y gagnais. Je travaillais comme accessoiriste aux studios de Joinville.

J'y connus des musiciens, des poètes fourvoyés (Auris, Artaud), des éditeurs (Raoul Breton). A Montparnasse, que je fréquentais histoire de me déprovincialiser, je trouvai Johnny Hess, géant suisse de mon âge qui jouait du piano, sans savoir qu'il était la musique même. Je chantais trois ans en duo avec lui des airs mireillisants et déjà un peu trénetisants. Je garde de ce temps le goût de la vie nocturne dans les villes, des discussions sans fin sur le trottoir et l'indéfinissable saveur de l'existence vue de son vrai commencement. Au moment où je signe ces lignes, j'ai 51 ans, du feu dans l'oeil droit, du rêve dans le gauche, et bon pied pour gambader. Je suis d'un peu partout à présent, de Narbonne, de Perpignan, de la Varenne, de New York et du Canada, des plages désertes et des aérogares, des fontaines et des forêts, des anges, de vous et de moi. "

Charles TRENET

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