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RUFUS WAINWRIGHT

Naissance : 22/07/1973 - Rhinebeck, USA


À l'été 2006, au moment où Rufus Wainwright se préparait à partir pour Berlin enregistrer son album Release The Stars, le premier qu'il produisait lui-même, il l'envisageait comme une "sorte d'œuvre assez dépouillée". Mais une fois sur place, quelque chose de bien différent s'est produit, comme en témoigne le morceau d'ouverture "Do I Disappoint You", qui met l'accent sur un mouvement orchestral de grande ampleur allant de pair avec le fracas des paroles.

"Il y a des gens qui vont à Berlin pour être à l'avant-garde, moi j'ai commencé à porter des culottes de cuir et à visiter des palaces baroques" raconte Wainwright en riant. "L'Allemagne dont je rêvais était plus démodée, plus romantique. Je m'y suis donc rendu, et l'instant d'après, je me retrouvais avec ce grand album doré. Ça a été une expérience assez étonnante parce que ce n'est pas du tout ce que j'avais l'intention de faire."

Avec Release The Stars, son cinquième album en dix ans, Rufus Wainwright construit de façon artistique l'intimité qu'il recherchait, tout en créant une œuvre d'envergure encore plus ambitieuse que l'album Want Two, sorti en 2004, acclamé par la critique. C'est un peu comme s'il échangeait des confidences en tête à tête de la scène du Metropolitan Opera House de New York au beau milieu d'une représentation de, disons, Aida. A chaque instant le son ravit l'oreille, et cependant il ne sert qu'à souligner la performance de Rufus Wainwright comme commentateur, confesseur et chanteur-vedette. A cette échelle, ses talents de compositeur et interprète , tout aussi brillants que caractéristiques, apparaissent de façon encore plus évidente. Les émotions sont sublimées, ses histoires plus vivantes, dramatiques, drôles, réelles et parfois très ém ...

À l'été 2006, au moment où Rufus Wainwright se préparait à partir pour Berlin enregistrer son album Release The Stars, le premier qu'il produisait lui-même, il l'envisageait comme une "sorte d'œuvre assez dépouillée". Mais une fois sur place, quelque chose de bien différent s'est produit, comme en témoigne le morceau d'ouverture "Do I Disappoint You", qui met l'accent sur un mouvement orchestral de grande ampleur allant de pair avec le fracas des paroles.

"Il y a des gens qui vont à Berlin pour être à l'avant-garde, moi j'ai commencé à porter des culottes de cuir et à visiter des palaces baroques" raconte Wainwright en riant. "L'Allemagne dont je rêvais était plus démodée, plus romantique. Je m'y suis donc rendu, et l'instant d'après, je me retrouvais avec ce grand album doré. Ça a été une expérience assez étonnante parce que ce n'est pas du tout ce que j'avais l'intention de faire."

Avec Release The Stars, son cinquième album en dix ans, Rufus Wainwright construit de façon artistique l'intimité qu'il recherchait, tout en créant une œuvre d'envergure encore plus ambitieuse que l'album Want Two, sorti en 2004, acclamé par la critique. C'est un peu comme s'il échangeait des confidences en tête à tête de la scène du Metropolitan Opera House de New York au beau milieu d'une représentation de, disons, Aida. A chaque instant le son ravit l'oreille, et cependant il ne sert qu'à souligner la performance de Rufus Wainwright comme commentateur, confesseur et chanteur-vedette. A cette échelle, ses talents de compositeur et interprète , tout aussi brillants que caractéristiques, apparaissent de façon encore plus évidente. Les émotions sont sublimées, ses histoires plus vivantes, dramatiques, drôles, réelles et parfois très émouvantes. Release The Stars est aussi franc et personnel que ce qu'en avait imaginé Wainwright.

"Rétrospectivement, j'ai eu tort de penser que ma passion ancienne pour l'opéra et ses fioritures se tasserait une fois que je serais à la barre" constate-t-il. "Finalement je n'ai pas fait un album dépouillé, mais il était important que je garde cette idée en tête. Et bien que j' ai gravé sur ce disque quelques moments parmi les plus extravagants de ma carrière, il contient également les moments les plus intimes."

Pendant qu'il tourne avec Want Two, Rufus Wainwright commence à composer de nouveaux morceaux. Il les travaille avec son groupe à New York, avant de partir pour l'Europe. Puis pour Berlin, où il continue tout seul. Il se souvient : "Quand j'ai commencé à enregistrer "Do I Disappoint You", j'étais tout seul avec mon synthétiseur, à faire les accords et quelques trucs, et ça commençait à sonner comme Blade Runner, un peu science fiction. Je me disais « et si je rajoutais un pizzicato à cet endroit ? et si je prenais un quatuor à cordes ? » Et ensuite tous ces arrangements ont commencé à se précipiter hors de moi."

Le morceau final inclut un ensemble de quatorze cordes et d'instruments à vents, sa soeur Martha Wainwright aux chœurs, ainsi que Neil Tennant des Pet Shop Boy au synthé et aux samples, qui est également le producteur exécutif de l'album.

Parmi les autres intervenants sur Release The Stars, on peut noter également la présence de nombreux vétérans issus des précédents enregistrements de Rufus Wainwright : les chanteurs Teddy Thompson, Jenni Muldaur, Lucy Roche et Sharon Jones (des fameux Dap Kings) ; Richard Thompson et un collaborateur de Beck, Smokey Hormel, à la guitare, ainsi que la chanteuse-guitariste-violoniste Joan Wasser, aka Joan As Policewoman, qui assurait la première partie sur la tournée précédente de Rufus.

Les London Session Orchestra que l'on peut entendre sur plusieurs morceaux sont conduites par Marius de Vries, collaborateur de longue date (il a produit Want One et Want Two), et qui a contribué également à la programmation et au mixage de l'album avec Andy Bradfield.

Rufus Wainwright a aussi invité l'actrice britannique Sian Phillips -dont les fans de ses Masterpiece Theatre, d'un certain âge, se souviendront de son rôle vedette dans la pièce classique I, Claudius - à poser une touche théâtrale à l'ensemble en lui demandant d'interpréter un passage parlé, ajouté à l'entraînant, je-t'aimerai-quoi-qu'il-arrive "Between My Legs". Il admet en blaguant "J'étais obsédé par Sian depuis que j'avais vu I, Claudius il y a quelques années. Elle jouait le rôle de la méchante impératrice qui empoisonnait tout le monde. J'étais à une fête il n'y a pas longtemps et j'ai pensé, "Mon Dieu, voilà l'Impératrice de Rome !" Je suis allé lui parler et le courant est tout de suite passé entre nous."

Indépendamment du nombre de musiciens ou des idées de génie de Wainwright en tant qu'arrangeur, l'essence mélodique et émotionnelle de chaque chanson ressort toujours. "De façon générale, quand je compose, j'essaie toujours de faire en sorte que mes chansons aient chacune leur spécificité, qu'elle soient jouées avec un orchestre ou un kazoo. Elles sont construites comme des histoires d'amour qui se passent dans des cadres différents. Je crois que j'ai aiguisé ma capacité à toucher instantanément l'auditeur avec ce que j'ai à dire. Plus j'écris, plus je réalise l'importance d'être le plus direct possible. Et ça se travaille. La plupart de ces chansons ont été écrites pendant ma tournée, à un moment où j'avais décidé de changer d'attitude dans ma vie : avoir un petit ami, écrire un opéra pour le Metropolitan Opera Comedy et me sentir plus à l'aise dans mes habits d'artiste. Je pense que mes chansons reflétaient pas mal de mes besoins du moment...Je n'ai pas mâché mes mots sur cet album. Que ce soit l'Amérique, mon meilleur ami ou mon amant, je suis précis sur mes exigences."

Il y a beaucoup de textes très personnels sur Release The Stars mais, comme avec "Gay Messia" sur Want Two, Rufus Wainwright exprime aussi un commentaire social acerbe dans un cadre pas si splendide qu'il n'y paraît. "Going To A Town", le premier single, qui frappe immédiatement, est un récit de voyage plein d'émotion dans lequel il survole le paysage politique et social américain au moment où il se prépare à partir pour l'Europe.

Rufus raconte "Je l'ai écrit en cinq minutes. Je me rappelle très clairement que j'attendais pour aller dîner et j'avais à peu près une vingtaine de minutes à tuer. J'ai annoncé de façon désinvolte que je descendais déconner un peu au piano, et tout d'un coup cette chanson était terminée. C'est venu tout seul. Ce sont toujours les meilleures, elles arrivent de régions obscures sur lesquelles vous n'avez aucun contrôle."

Un esprit Carpe diem anime la plupart des morceaux de Release The Stars. "L'album est dédié à ma mère, qui a subi une opération plutôt sérieuse pendant que j'enregistrais", explique Rufus Wainwright, "ce qui m'a amené à réfléchir sur ce que je veux accomplir. Il y a des sentiments auxquels on n'est jamais confronté jusqu'à ce qu'il nous arrive une expérience traumatisante. J'ai fait une cure de désintoxication avant Want One, et j'étais dans cet état où je faisais l'inventaire de moi-même, où je devais me créer un nouveau moi, passer par différents niveaux de reconstruction... c'était long, difficile, intense, et spectaculaire. Mais quand ma mère s'est faite opérer, tout le reste m'a semblé dérisoire. A partir du moment où il arrive quelque chose aux gens que vous aimez, les choses prennent des proportions énormes. L'expérience de la douleur et de l'illumination atteint alors des pics vertigineux."

Il a écrit la chanson titre, sorte de rencontre audacieuse entre big band et gospel, poussé par le sentiment de frustration qui l'animait lorsqu'une amie proche n'est pas venu à son concert "Judy Garland" au Carnegie Hall, moment fort de sa carrière, en février 2007. Mais son ressenti a ensuite évolué, et le message de la chanson l'a énormément inspiré jusqu'à devenir l'un des thèmes de l'album. "Je l'ai écrit en pensant qu'il était temps pour moi comme pour elle – et, disons, pour tous les gens de notre génération, qui ont la trentaine – de laisser courir, d'aimer autant que possible, et d'être la meilleure personne possible. Maintenant que nous sommes dans la fleur de l'âge, qu'on a escaladé le mur de l'adolescence, fait un tour dans le train de nos vingt ans, qu'on a roulé notre bosse, une fois que tu entres dans la trentaine, les dés sont jetés. A ce moment-là, il faut agir : tu accomplis ta destinée, ou tu te perds dans l'inutilité. C'est le message essentiel de la chanson, et c'est aussi le message de l'album : C'est maintenant qu'il faut prendre en main nos envies et nos rêves, de jouer sur nos bons côtés. Faisons le."

Une philosophie qu'incarne Rufus Wainwright, si l'on considère l'étendue de ses projets de 2006 dont le plus audacieux fut sûrement l'hommage rendu à l'album le plus vendu de Judy Garland, Judy At Carnegie Hall, sorti en 1961, qui eût lieu au même endroit. Un show que Rufus a pu rejouer à guichets fermés à Londres et Paris. Il envisage de recréer à Los Angeles la même set-list que le concert de Judy Garland au Hollywood Bowl le 23 septembre 2007, soit exactement 46 ans après cette performance légendaire.

Il a entre autres composé des morceaux originaux pour le spectacle "Bloom" du chorégraphe anticonformiste Stephen Petronio ; est apparu en guest star sur le live anglais des Pet Shop Boys, Concrete ; écrit des chansons pour les films Meet the Robinson et History Boys, et a participé à l'organisation du Wainwright Family and Friends Christmas Concert de New York. Sans oublier bien sûr cette commande très attendue pour le Metropolitan Opera House, récemment restauré...

Rufus WAINWRIGHT

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